Pourquoi, quand, comment s’engager ? La quatrième édition des Entretiens de la Liberté, portera, en octobre 2011 sur le thème de l’engagement. lire la suite
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Dernier ajout : 14 octobre 2010.
La profonde ambivalence de la peur n’est plus à démontrer. Ni son omniprésence. D’un côté, c’est peut-être grâce à sa peur que l’homme a survécu dans un règne animal où il n’était pas, et de loin, le mieux pourvu en défenses « naturelles ».
Les voûtes de Lascaux nous en parlent. Si, au Moyen–Âge, nos ancêtres n’avaient pas eu peur de la peste noire, nous ne serions sans doute plus ici pour nous interroger sur le sujet. L’« équilibre de la terreur » nous a jusqu’à présent préservés du cataclysme nucléaire. Et ne serait-il pas fou, et irresponsable, de ne pas craindre les conséquences du dérèglement climatique sur notre « Terre-Patrie » globalisée ?
D’un autre côté, la peur nous révèle bien souvent le côté obscure des forces qui nous poussent à l’action ou à son contraire. La peur de l’autre, de l’étranger, de celui qui est différent, a inspiré quelques uns des pires moments du XXème siècle. La Grande Muraille de Chine est désormais encombrée de paisibles touristes et le Mur de Berlin est tombé ; mais combien d’autres murs sont censés protéger de l’adversaire, de l’immigrant ou du déshérité ? La peur de l’avenir nous rend frileux et donne de l’épaisseur au sentiment d’insécurité et à la crainte du déclassement. Et c’est en entretenant la peur que perdurent les dictatures et autres régimes autoritaires : rien n’est venu démentir Montesquieu, « le gouvernement despotique a pour principe la crainte. » Mais si la peur est de tous les temps, et si on ne saurait s’en exonérer sans s’exposer à de sérieuses déconvenues, les manières de l’affronter ont radicalement changé.
Les âges farouches avaient le recours de la pensée magique. L’homme du Moyen-Âge s’abritait sous sa foi en Dieu. Et, à partir des Lumières, la conviction que les progrès de la science pourraient nous délivrer de nos frayeurs et de leurs causes entretenait tous les espoirs.
Aujourd’hui, les peurs se sont multipliées, et l’humanité doit s’en remettre à la Politique pour les traiter. Nous sommes désormais seuls face à nos peurs. C’est pourquoi il faut les analyser froidement pour – si possible-, les dominer.
Cette troisième édition des Entretiens de la Liberté vient sans doute à point dans une actualité toute imprégnée de cette thématique. Le ministre de l’Intérieur évoque régulièrement les menaces d’attentats qui pèsent sur la France. L’éditorial d’Eric Fottorino dans Le Monde du 9 septembre 2010, qui s’ouvre sur cette affirmation : « Les Français ont peur », traite d’une autre peur, celle de l’avenir. Et l’Académie des sciences organise dans le plus grand secret un débat scientifique sur le changement climatique, ce qui amène la presse à s’interroger : que craint cette vénérable institution ?
Notre ambition n’est pas et ne peut pas être de faire le tour de cet immense sujet. Mais nous souhaitons amorcer une réflexion sereine et approfondie sur cette part de nous même que nous ne devons pas retourner contre les précieux acquis de la liberté et de la démocratie.
Dans d’autres rubriques de ce site se trouvent des références bibliographiques permettant d’aller plus loin dans la réflexion. Mais dès à présent, quelques titres :
Venez lire le point de vue de Franck Allisio, président des Jeunes Actifs de l’UMP (et les (...)
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